Un mois entre Tahiti et Moorea: c’est ce dont nous avions besoin pour nous remettre dans le bain. Visite de la famille, activités entre copains, nouvelles rencontres: on retrouve la vie de bateau… Et, ô surprise, on l’aime toujours autant.
Après six mois loin de Jade, nous la retrouvons là où nous l’avions laissée: la marina de Taravao, à Tahiti. Elle y a survécu sans broncher à plusieurs bons coups de vent, dans la chaleur et l’humidité permanentes. Nous lui trouvons tout de même un teint un peu verdâtre… Une bonne grosse remise en état, et ça repart!
Nous voici donc en Nouvelle Zélande: un nom qui rime avec… camping-car. Si si. Alors on s’en dégotte un et on part à la découverte des paysages époustouflants de l’île du Nord: baies immenses, vallées volcaniques, monts invisibles… Couvrez-vous, fait pas chaud.
Ça n’était pas prévu au programme. Fin août, nos amis Alex et Jean-Phi nous laissent un message: "maintenant que vous avez trouvé un abri pour Jade dans les mois à venir… dispos pour nous accompagner jusqu’en Nouvelle Zélande?". Une proposition qui ne se refuse pas.
Dernières semaines à bord de Jade. Objectif: l’amener à bon port à Taravao, une baie très protégée située entre Tahiti Nui, la grande île, et Tahiti Iti, la Presqu’île. Avons quelques jours devant nous pour la préparer à notre départ… sous la pluie. Une sorte de micro-climat dont, il est vrai, on nous avait parlé…
Mi-septembre: mon père passe nous rendre visite pour la 4ème fois du voyage. Pour la 1ère fois, il découvre vraiment la vie en voilier: mouillage, navigation… Avec une conséquence non prévue: en une nuit en mer, me voilà catapultée dans sa tête. Il est moi, il y a trois ans. Avant le bateau.
Après cinq semaines passées à la marina de Papeete, les îles Sous-le-Vent nous appellent. Nous n’avons que 15 jours devant nous… Fidèle à son rythme pépère, Jade se concentre, après escale à Moorea, sur les rivages de la première d’entre elles: Huahine. Avec une seule envie: plus tard, y retourner.
Un mois à la marina. Jade en avait besoin, nous aussi. On bricole, on s’achète des chemises à fleurs, on envisage même de rester un an de plus que prévu en Polynésie. Mais de sombres rumeurs finissent par atteindre nos oreilles: "super El Niño", "saison cyclonique hors normes"… Resteront? Resteront pas?
Expatrié en Australie depuis 15 ans en famille, Frédéric se cherchait un nouveau projet. Il a trouvé Dolphin Street dans le Sud de la France et pris la décision de ramener lui-même le bateau jusqu’à Sydney. Seul. Tout au long de ses 36 jours de transpacifique, Jade ne l’a pas lâché d’une semelle.
Juin est là. Il est temps pour nous de quitter (à regret) l’archipel des Marquises pour celui des Tuamotu, 500 milles nautiques vers le Sud-Ouest. Quitter les montagnes pour les atolls, la pierre pour le sable, le vert pour le bleu. On a beau s’y attendre, ça fait tout drôle…


