Transpacifique-retour (3/3) : un mois en mer pour un instant…
Et si passer 32 jours à naviguer ne servait qu’à… sublimer l’arrivée?
Dix jours après notre départ des Gambier, la fatigue – autant physique que psychologique- est palpable à bord de Jade. La casse que nous avons subie au troisième jour limite notre vitesse, et il reste tant à parcourir… Pour tenir, il nous faut développer des stratégies. Être inventifs. Et toujours, nous soutenir l’un l’autre.
On a beau passer des mois à préparer son bateau, les grandes traversées réservent souvent des surprises… Celle-ci n’a pas fait exception à la règle. Dès le troisième jour de cette transpacifique Gambier-Chili, le ton a été donné. Une seule solution: s’adapter.
Oui, c’est un mot inventé. Le cœur qui se serre, la gorge qui se noue à l’idée de quitter un lieu… dans lequel on est encore. Que l’on reverra peut-être un jour, mais qui ne sera plus jamais le même. La déjà-nostalgie, c’est tout ça. Un sentiment qui, tout au long de ces deux dernières semaines aux Gambier, ne nous a jamais vraiment quittés…
Un mois tranquille avant le saut dans le grand bain: c’est ce que nous offre Mangareva, l’île principale des Gambier. On y découvre des habitants très accueillants, un patrimoine culturel unique, des sentiers de randonnée semés d’arbres fruitiers… Une vie "cool", aussi, car plus fraîche. La machine à voyager vers le froid est en route.
"Au revoir" Tahiti! Depuis le début du voyage, c’est l’endroit où nous aurons passé le plus de temps. Cette fois, nous ne pensions y rester que deux semaines, le temps de préparer Jade aux trois mois de quasi-autonomie en mer qui l’attendent… Le vent du Sud en a décidé autrement. Un mal pour un bien: ça fait plus de temps pour dire au revoir aux copains!
Est-ce à cause des bêtes à grandes dents qui peuplent son lagon? Des shérifs à gilet fluo qui font régner l’ordre et la justice en ses mouillages? Bora-Bora fut notre Far West à nous, mais pour une autre raison: nous n’irons pas plus loin vers le soleil couchant. Après trois ans d’Ouest ou presque, Jade entame son grand demi-tour.
Vous vous souvenez de cette petite famille? C’est avec eux que nous avions traversé le canal de Panama avant de le faire avec Jade, en décembre 2022… On avait pressenti qu’ils avaient une histoire extraordinaire. En discutant, en sympathisant, ça s’est confirmé. Ça donne un article dans le n°642 de Voiles et Voiliers (août 2024)!
Juillet: l’hiver est bien là dans le Pacifique Sud, avec les épisodes venteux qui l’accompagnent. Jade en profite pour découvrir les mouillages abrités du double lagon de Raiatea et Taha’a, quelques milles dans une piscine d’eau turquoise. Elle ne peut pas trop s’éloigner: sa date de sortie au chantier approche. Et avec elle, celle du prochain grand départ…


