
Chiloé par sauts de puce
Chiloé-la-bucolique, nous avons eu la chance de la découvrir sous le soleil, au rythme indolent d’une lancha chilota – avec quelques péripéties au long de la route, quand même, n’oublions pas que nous sommes en voilier. Un souffle de printemps avant d’entrer dans le vif du sujet…
28 octobre 2025, mouillage d’Estéro Cahuelmo, Chili
6h45 – Le soleil n’a pas encore pénétré dans le fjord. L’éolienne a quelques soubresauts, mais pas de grosses rafales. Il est temps de partir.
9 heures – Parfois, il faut dévier de sa route rien que pour la beauté. L’Estéro Quintupeu, juste au Nord du fjord que nous avons quitté au lever du soleil, nous est apparu dans un contrejour éblouissant. Dans son entrée étroite, avons été accueillis par deux pélicans et une foultitude de cormorans bicolores. Et là-bas, dans un repli obscur de la montagne, se jetant directement dans la mer, elle s’est découverte: la cascade pour laquelle nous sommes venus. On n’en voit d’abord que le pied, puis en s’avançant à vitesse réduite, c’est l’entièreté du ruban d’eau qui se révèle, scintillant dans son recoin d’ombre. Moteur au point mort, Jade immobile, Christophe a même pu quitter la barre le temps d’une photo.
La cascade de l’Estéro Cahuelmo.
10 heures – Venons de décider que nous avions le temps de pousser jusque Chiloé d’ici ce soir. C’était soit pour aujourd’hui soit pour demain, nous sommes sur une bonne lancée, autant en profiter. Les voix rocailleuses d’un groupe de lions de mer se prélassant sur un rocher énorme parviennent jusqu’à nous: les fjords de l’Est du golfe d’Ancud qui nous saluent. Chiloé, à une quarantaine de milles, est encore invisible.
17 heures, Puerto Huite, Chiloé – Sommets enneigés dans notre sillage, la navigation fut magnifique. Avec pour point d’orgue… une heure pour mouiller dans l’anse de Puerto Huite! Après avoir soigneusement évité la ferme aquacole du milieu de la baie, avons jeté l’ancre… qui n’accrochait pas, enfin si, enfin non, on tente de la remonter mais elle ne remonte pas, pour la simple et bonne raison qu’elle s’est prise dans un bout tendu à 10 mètres sous l’eau, qu’est-ce qu’il fout là on ne sait pas. On finit par s’en sortir on ne sait pas trop comment, à coups de marche arrière marche avant, par petits coups puis pleins gaz, Jade se libère enfin. Ancrons un peu plus en avant dans la baie, à un endroit où Navionics nous dit que nous avons 4 mètres d’eau sous la coque alors que nos deux sondeurs (à main et celui du bateau) indiquent 17,50 mètres de profondeur. La marée basse est à 23 heures, nous dormirons: si Jade se pose doucement sur la vase, nous ne nous en rendrons peut-être même pas compte.
Les Andes dans notre sillage et l’île de Chiloé droit devant, le Second ne peut qu’être inspiré pour remplir son petit carnet rouge.
Sommes ici pour une raison: Nathalie, française installée ici avec son mari Sébastien (absent en ce moment) et qui a son bateau dans la baie, nous a proposé de passer. Le couple suit nos aventures sur internet et semble connaître les canaux de Patagonie comme sa poche. Une invitation qui ne se refuse pas.
29 octobre 2025, mouillage à Puerto Huite, Chili
20 heures – Deuxième nuit à l’abri du petit port naturel de Huite, protégés par la langue de sable où chevauche Pedro sur son alezan. Pedro: le jeune héros de 14 ans du « Sillage de la baleine », roman de Francisco Coloane. Nathalie nous dit que le romancier, prix national de littérature chilienne en 1964, est probablement né sur le terrain qu’elle occupe aujourd’hui. Nathalie: deux grands yeux clairs sous une tignasse rousse, des mains abîmées par le froid et une propension surprenante à répéter qu’elle est « sauvage » alors qu’elle reçoit deux inconnus chez elle. Sa maison: une petite bâtisse traditionnelle chilote à tejuelas peintes en bleu, aux pièces petites et aux plafonds bas, dans la cuisine de laquelle crépite un vieux poêle à bois.
Il y a vingt ans, Nathalie et son mari sont tombés sous le charme de Chiloé en passant par là en voilier. Ils y ont acheté un terrain pour une bouchée de pain, avec l’idée de s’y installer plus tard. Il y a huit ans, ils y ont posé leurs valises, aménageant tout de leur main, peuplant le terrain de sept ânes, trois chevaux, trois chats, deux chiens, un potager. Leur bateau est toujours là, en contrebas du terrain de 11 hectares, quasi au sec dans la lagune en attendant sa prochaine sortie du Chili (taxes obligent). « Vous allez où, du coup, pour le sortir du pays?« , nous demandons. « Ushuaïa ». Evidemment. A 1500 kilomètres d’ici via les canaux de Patagonie, bien entendu. Tous les deux ans. Normal.
Nathalie nous donne plein d’infos. Nathalie nous dit que cette année est justement une « année descente », et que comme elle et son mari ont « fini par craquer » pour Starlink, nous aurons toutes les chances de nous croiser dans quelques semaines plus au Sud. Nous reverrons Nathalie.
La rade de Puerto Huite.
30 octobre 2025
7h30, Puerto Huite – Comme dans le roman de Coloane, dans la lumière du petit matin: cygnes à cou noir, sternes, canards et cormorans. Un souffle discret à l’arrière du bateau: certainement le lion de mer qui tournait déjà dans les parages hier soir. Nous levons l’ancre – avec heureusement plus de facilité que lorsque nous l’avons jetée.
13h30, mouillage de caleta Añihue, Isla Mechuque – A la douche! A présent, la douche, pour nous, ça n’est plus à heure fixe, le matin, le soir, c’est quand on vient de faire un peu de moteur et que l’eau est encore chaude. Processus complet: on jette l’ancre (ou on prend la bouée qui se présente), on met les anodes à l’eau, on sécurise le mouillage si besoin, on met l’alarme en route sur la tablette, et douche direct. Eventuellement, on prépare à manger pendant que l’autre se lave. Objectif: moins de 20 coups de pompe à l’évacuation, pour être sûr de laisser suffisamment d’eau chaude au suivant. Et on garde le surplus pour la vaisselle.
19h30 – Vers 16 heures, un voilier énorme s’approche… Il s’appelle Betty Ann: 65 pieds, 40 tonnes – les présentations ont été vite faites. Il est arrivé pile au moment où je terminais mon entrainement de rame quotidien dans la petite annexe. A son bord, deux couples: Dan et Deborah, chiliens, ainsi que David et Renée, lui chilien, elle brésilienne. Très sympas. Mais on s’en est rendus compte après. Car dans un premier temps il a fallu gérer le stress de l’arrivée du mastodonte: « ¿Podemos amarrarnos?« . Euh… « Si si, seguro seguro…« . Christophe et moi nous jetons sur les amarres, les pare-battages. La seule fois où nous avons dû faire cette manœuvre d’amarrage sur un autre bateau, c’était il y a deux ans, pour passer le canal de Panama. Autant dire que cela ne nous arrive pas tous les jours. Ici dans la zone de Chiloé, la pratique semble fréquente. David nous prévient d’ailleurs que si, une nuit au mouillage, nous entendons un gros « boum », il se peut qu’un chalutier ou une barge se soit mis à couple de nous sans nous prévenir.
21 heures – Le pêcheur est passé une heure trop tard, nous venions de finir de dîner. Cela ne nous a pas empêché de lui prendre quatre filets de merluza, qu’il a coupés devant nous dans le fond de sa barque (amarrée à Betty-Ann, elle-même amarrée à nous, donc). 3000 pesos le kilos. Un dîner de rois… pour demain.
A couple d’un voilier de 45 pieds sur une petite bouée de l’Isla Mechuque… bin ça fait drôle.
31 octobre 2025, mouillage de caleta Añihue, Isla Mechuque, Chili
20h40 – Un ciel rose se reflète sur l’eau à peine striée de notre petite baie. Tisane sur le roof, ma polaire bien fermée jusqu’en haut. Petite bise froide et bêlements de moutons.
Ce que nous avons vu ce matin du village de Mechuque avec nos amis chiliens du bateau d’à côté (car oui, du coup, quitte à être voisins pour une nuit, avons sympathisé) m’a plongée dans l’ambiance d’un autre roman chilien : « Le cahier de Maya« , d’Isabel Allende, dont l’héroïne se remet doucement d’une adolescence déchirée en séjournant sur une petite île au Nord de Chiloé. Peu de monde dans les rues: quelques visages aperçus dans des jardins ou au volant d’un pick-up, villageois affairés à couper du bois ou à transporter des sacs de pommes de terre – quand ça n’est pas une tête de vache dans une benne, si si, nous l’avons vue passer. Les ouvriers du petit chantier naval jouent de la scie et du marteau sur une bande son d’AC-DC – décidément, après les militaires de Puerto Montt qui levaient l’ancre sur du Offspring, j’en viens à penser que les chiliens sont des gens très rock’n’roll. Une odeur de bois brûlé dans les rues, d’ailleurs le cypres de las Guaitecas est ici partout: dans les pilotis des palafitos, dans les tejuelas patiemment agencées sur les murs. Partout, des chiens nous suivent. Nos amis nous expliquent qu’en ce weekend de la Toussaint, le village dort.
Ambiance chilote typique dans les rues de Mechuque et jusqu’au Mirador.
1er novembre 2025
10h50 – Avons levé l’ancre à 9 heures de notre jolie petite caleta. Navigation du jour: 25 milles vers le Sud direction l’ile de Quehui, conseillée par plusieurs sources chiliennes – dont nos nouveaux amis d’hier. Avons décidé de nous octroyer cette étape car en ce weekend de la Toussaint, ici au Chili, tout est fermé: atterrir dès aujourd’hui à Castro, la capitale de Chiloé où nous avons quelques courses à faire, ne nous serait pas d’une grande utilité.
16 heures, mouillage d’Estéro Pindo, Isla Quehui – Avions un voilier voisin pour le déjeuner, un voilier chilien, qui vient de partir… en nous faisant un cadeau! Il a levé l’ancre, a fait un tour sur lui-même puis s’est approché de nous, l’un des équipiers nous tendant un sac en plastique par-dessus la filière… A l’intérieur: deux avocats, un bon gros steak et une bouteille de vin rouge! Est-ce parce que nous avons pris la peine de nous présenter en arrivant, de demander si nous n’étions pas trop près, si nous ne dérangions pas? Pour le moment, dans ce pays, n’avons rencontré que des plaisanciers éminemment sympathiques.
Cadeau de départ du voilier Next: bon appétit.
2 novembre 2025, mouillage d’Estéro Pindo, Isla Quehui, Chili
20h05 – Quehui donne dans le bucolique. Balade de deux heures ce matin jusqu’au fond de l’Estéro Pindo, après être passés voir l’église du village (fermée, même en ce dimanche de la Toussaint). En lieu et place d’une messe, avons eu droit à une visite guidée de la maison de Vera, 87 ans, qui aurait aimé avoir les clés de l’église pour nous ouvrir mais qui ne les avait pas. Dans un espagnol à l’accent déconcertant et sans paraître se soucier que nous comprenions ses explications, Vera nous a menés de son champ de vaches à son potager, puis à son jardin fleuri, puis à sa cuisine. 20 hectares face à la mer et l’Isla Grande, plus 80 autres disséminés dans d’autres coins de Quehui: Vera est une propriétaire terrienne.
« Combien de temps vous restez?« , nous demande-t-elle. « Nous repartons demain, nous avons des choses à acheter à Castro pour notre bateau« . « Restez et prenez la lancha, elle part à 7h et arrive à 9h à Castro, vous avez un retour en fin de journée« . Vera nous parle de ses nouveaux voisins, originaires de Santiago, « très gentils, comme tous les étrangers qui se sont installés ici ces dernières années« . D’ailleurs, elle nous demande si nous ne serions pas intéressés par un terrain. Accueil à la chilienne, que nous commençons à connaître : franc, direct, avec une fierté nous dissimulée de montrer son chez-soi, son bout de terre, à des étrangers qui se verraient bien, effectivement, pourquoi pas, rester.
Vera accepte de poser avec moi devant sa maison, pendant qu’une lancha chilota (petit voilier typique du coin) quitte la jetée pour l’Isla Grande, juste en face.
3 novembre 2025
19h40, marina Quinched, Castro – Sommes arrivés dans cette petite marina en fin de matinée, et depuis, n’arrêtons pas de rencontrer du monde. Ce midi, Maria-Victoria et Stefano qui regardaient avec insistance notre bateau depuis le ponton, elle espagnole et lui germano-italien, en vacances au Chili et propriétaires d’un voilier en Méditerranée, se sont retrouvés à bord à partager notre déjeuner. Ce soir c’est Matthias, Chilien parfaitement francophone du voilier d’en face et représentant de Bénéteau pour le Chili, qui nous invite à dîner à son bord avec les deux amis qui naviguent avec lui. Pas un instant pour soi, quelle vie mondaine nous avons…
Quinched: jolie petite marina (en fait, un ponton) coincée entre un élevage de moules et une petite île privée, mignonne mais moyennement bien protégée: pendant le café avec nos nouveaux amis, un vent d’Est nous a envoyé quelques rafales et quelques vagues, renforcées par le goulet d’entrée… Un axe en acier entre deux pontons est venu titiller notre Jadounette, qui se retrouve avec une balafre sur sa belle coque rouge. Avons changé de place en urgence, avec l’aide de nos invités. Depuis, tout est calme.
Deux jours de beau temps derrière nous, et a priori, une belle semaine devant. Tout à l’heure en allant chercher notre lessive, suis tombée sur une hirondelle. Une cygne à cou noir est passé dans la baie avec ses petits sur le dos. C’est le printemps.
Au total, Jade a séjourné quatre nuits à la marina Quinched, près de Castro: halte logistique et touristique.
7 novembre 2025
9h15 – Petit coup de stress ce matin en quittant la marina Quinched, pourtant sans un souffle de vent, pourtant sur un miroir d’eau. En voulant contourner au plus loin la ferme de moules qui occupe une bonne partie du chenal de sortie (en voulant faire bien, quoi), avons pris un câble de bouée dans les quilles. Nous la contournions pourtant de loin, cette grosse bouée noire. Mais son bout d’amarrage passait juste sur sa gauche, tendu à moins de deux mètres de profondeur sur notre chemin A poste sur le pont avec mon casque sur les oreilles, je l’ai vu juste à temps pour prévenir Christophe, qui a instantanément coupé le moteur. Deux employés de la ferme occupés à tracter une ligne de bouées sur leur lancha sont venus nous aider à tirer Jade de ce mauvais pas. Plus de peur que de mal, donc – d’ailleurs, nous ne risquions pas grand-chose excepté de perdre quelques heures solidement accrochés à cette bouée.
Merci pour le coup de main (en un quart d’heure, c’était réglé).
Etrange point d’orgue à ce séjour de trois jours pleins à Castro, plutôt caractérisés par la quiétude: randonnée dans le Parque Nacional Chiloé, visite d’églises en bois, bricolages divers, grand ménage et lessive générale, remplissage des cuves d’eau et des filets de victuailles fraîches. Dernière étape logistique avant notre traversée du Golfe du Corcovado vers l’archipel des Guaitecas, plein Sud.
9h50 – Le grand soleil de ces derniers jours s’est fait la malle. Ciel gris sur un miroir d’eau gris. L’anticyclone qui se prélassait au-dessus de nos têtes ces derniers temps a décidé d’appareiller pour d’autres horizons. C’est bien ce qui nous intéresse, d’ailleurs: le vent qui soufflait du Sud sans discontinuer va bientôt tourner, nous permettant, pour de bon, d’entamer notre descente.
Vue sur le Corcovado, qui donne son nom au golfe qui sépare l’île de Chiloé de l’archipel des Guaitecas, plus au Sud.
8 novembre 2025
6h50 – Le soleil se lève derrière le Corcovado, éblouissant dans notre sillage. Avons quitté ce matin Puerto Queilen au point du jour après n’y avoir passé qu’une nuit. Ce matin nosu rejoignons Quellón, la grande ville du Sud du Chiloé, avant que le vent du Sud ne se lève. Après cela, serons pratiquement positionnés pour attendre la fenêtre météo qui nous propulsera jusqu’aux Guaitecas.
7h30 – Jade file à 9,5 nœuds! Le calcul du capitaine était le bon: dans le coin, il est bon de viser le Sud à marée descendante.
9h30 – Pour la première fois depuis notre départ de Puerto Montt, la houle me fait des misères. Nous approchons du Sud de Chiloé et de l’ouverture vers le Pacifique. vent de face et houle de face: plus habituée, moi. Quand nous entrerons dans la baie de Quellón, tout devrait rentrer dans l’ordre.
Navigation le long de la côte Est de Chiloé: du courant, du froid, et une eau limoneuse qui encrasse notre désalinisateur…
10h30 – Comme à chaque fois depuis que nous sommes partis: on croit être arrivés, la baie semble petite sur la carte, dans la réalité elle est immense et il nous reste 5 milles, environ une heure, avant d’en atteindre le fond. On croit que le passage est étroit mais il est large, on croit que l’on aura peu de place pour ancrer alors que nous pourrions tenir à trente bateaux. L’échelle des paysages, ici, continue de nous surprendre.
9 novembre 2025, mouillage de Puerto Quellón, Chiloé, Chili
8 heures – Petit-déjeuner dehors, 15 degrés, grand soleil. Le Corcovado, plein Est, est invisible dans l’éclat du soleil levant. Avons décidé de passer la journée ici et d’aller voir le bout du bout de la Carretera Panamericana qui s’arrête ici, juste en aplomb de notre mouillage, après avoir parcouru près de 25 000 kilomètres et traversé 14 pays à travers le continent américain, depuis l’Alaska. Il nous semblait bien, aussi, que nous étions au bout de quelque chose.
13h15 – Un dimanche de printemps à Quellón – ou plutôt à Punta Lapas, la grande plage qui fait face à la ville. On se promène en t-shirt en croisant des cyclistes et des familles à glacières. La plage qui mène au Hito Cero est la sortie dominicale des gens du coin: on s’y baigne (les pieds) face au Corcovado, on achète son certificat d’arrivée au bout de la Carretera Panamericana dans un magasin de souvenirs (ou pas), on déjeune d’une empanada et d’un jus de fruits frais devant la seule guingette ouverte en cette saison, tenue par une Colombienne. Il fait bon.
Un dimanche de printemps à Quellón.
20h15 – Débat du soir à bord de Jade: on traverse le Golfe du Corcovado mardi ou mercredi? Et dans quelle direction: plein Sud vers l’archipel des Guaitecas, ou Sud-Est vers les Andes? Untel nous a vanté la première route, untel plutôt l’autre. On mesure les distances, on fait nos calculs, on prend des notes sur chaque mouillage conseillé par le guide nautique. Tout a l’air beau. C’est dur, la vie de bateau en Patagonie.
Le ciel se couvre. Lumière rose et grise sur la ville. Le Corcovado a disparu.
10 novembre 2025, mouillage de Puerto San Pedro, Chiloé, Chili
10h30 – Ancrés à Puerto San Pedro, derrière la petite Isla Observatorio. Avons dû nous y prendre par deux fois, car nous doutions de la tenue de notre ancre et nous trouvions trop près du rivage – même si Christophe me rappelle qu’il va bien falloir que l’on s’habitue, ici, aux mouillages dans un mouchoir de poche. L’avantage de partir tôt et de naviguer le matin pour une trentaine de milles maximum, c’est justement d’avoir le temps de bien sécuriser la situation à l’arrivée. Envisageons d’adopter cette stratégie pour les semaines à venir.
12h40 – La brume est tombée sur la baie. Une pluie fine l’accompagne depuis quelques minutes – insuffisante pour le système de récupération d’eau de pluie confectionné la semaine dernière par la capitaine. Déjeuner pris, douches (chaudes) également. Nous nous sommes lancés dans un concours de la douche la plus courte afin d’économiser l’eau au maximum: celui de nous deux qui évacue sa douche en un minimum de coups de pompe a gagné – pour le moment, Christophe remporte le trophée haut la main. Avons l’après-midi devant nous pour nous laisser pénétrer par le calme ambiant.
A Puerto San Pedro, dernier mouillage protégé au Sud de Chiloé.
19h45 – On était bien. On avait pris nos douches chaudes, on avait fait du pain, un tour en annexe sur la petite île d’en face, un vol de drone dans le soleil couchant… On s’apprêtait à lancer un routage sur notre logiciel de navigation pour demain, jour potentiel de notre traversée du Golfe du Corvovado, première étape importante de cette descente des canaux. Juste un petit coup de groupe électrogène avant d’allumer internet et l’ordinateur… Le moteur broute, puis s’arrête. Echange de regards avec Christophe: « Va me chercher la boîte à outils Petit Bouchon, je vais me mettre en tenue ».
Allons nous lever avant l’aube demain, au cas où la panne ne serait due qu’à un désamorçage du circuit gasoil et que nous puissions lever l’ancre dans la foulée. La fenêtre météo est là pour deux ou trois jours, devrions avoir le temps de réparer avant qu’elle ne se referme. Aucun répit.
Nos trois premières semaines de descente des canaux en vidéo!


















































Toujours de belles images, votre sincérité transparaît à travers vos vidéo.
Continuez à nous faire rêver.
Merci beaucoup Dominique.
Merci beaucoup pour ce beau journal, il laisse augurer du prochain film. Votre Patagonie est attirante, pas étonné que des navigateurs s’y installent
Bon voyage tous deux !
Un grand de vous lire. On y était avec vous . Merci pour la,qualité de votre récit, votre generosité et surtout votre partage.
Vivement la suite !!!
Pour info j’ai eu Manu à Menton, on va se voir d’ici peu
A très vite ici même bises
Merci de ce beau résumé depuis la remise à l’eau de Jade au Chili. J’aime votre écriture et n’ayant jamais navigué dans ce coin de la terre, j’ai trouvé des cartes terrestres pour vous suivre. Coïncidence à Radio-Canada ( en rattrapage sur Hodio) l’émission Curieux Bégin sont aussi au Chili. Eux Valparaiso puis dans les vignobles et cuisine Chilienne pour 2 ou 3 émissions d’une heure. Merci 1,OOO fois pour les photos et récit en direction de la Pantagonie
Un gros merci pour les belles photos et le beau récit+ j’ai trouvé une carte du Chili pour essayer de vous suivre.
Merci Dominique! Effectivement, depuis que nous sommes au Chili nous avons rencontré plusieurs personnes (Francais, Américains…) qui ont choisi de s’y installer… C’est tentant!
Merci beaucoup Le Perff!
Merci 3B, fais la bise à Manu!
Merci Micheline, ça nous touche beaucoup!
La bise sera fait à Manu d’ici peu.
Merci merci pour ce journal de bord, l’aventure continue
bises à vous deux