
Transpacifique-retour (3/3) : un mois en mer pour un instant…
Et si passer 32 jours à naviguer ne servait qu’à… sublimer l’arrivée?
22 novembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 21
19h30 – Hauts et bas au moral, au rythme de la houle et du vent. Ce matin, conditions erratiques, pas de vent puis 20 nœuds puis plus rien, les voiles battent puis le stress monte, l’humeur ne se stabilise pas. Suis allée me coucher pour ma sieste en pensant qu’il valait toujours mieux que je sois seule en boule sous ma couette à ne pas dormir plutôt qu’à imposer mon aigreur au capitaine.
Ce soir, le rose du coucher de soleil se reflète dans les longues vagues qui nous soulèvent comme si nous n’étions rien. 15 nœuds de vent, c’est ce qu’il nous faut pour avancer correctement – avons conjointement décidé qu’à partir de 4 nœuds de vitesse, avec notre enrouleur de génois cassé, nous étions contents. La nuit devrait être tranquille, avec vent constant ou faiblissant. Si c’est le cas, savourons-la.

23 novembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 22
Midi – Trois semaines que nous sommes partis. J’ai l’impression d’avoir toujours vécu sur ce bateau, loin de la Terre et des Hommes, et que les Gambier, Rikitea et tout le reste ne sont qu’un rêve, rêvé il y a longtemps. Ce midi, pour fêter nos trois semaines, on sort le cassoulet.
23 heures – Quand c’est mon tour d’aller dormir, le temps de me réchauffer sous la couette, de me détendre, j’imagine quelle sera notre vie quotidienne à l’arrivée à Puerto Montt, puis en France. Café du matin en terrasse, excursion au marché, lèche-vitrine, apéros avec les copains. Ce cocon de chaleur et de légèreté dans ma tête m’aide à trouver le sommeil. Les vagues tapent contre la coque. Mes membres s’alourdissent. Plus rien à faire.
Evénement du jour à bord de Jade : on croise un cargo!
24 novembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 23
21h30 – Belle journée, grise certes, mais à la voile dans 15-20 nœuds de vent et au bon cap. Trois ou quatre surventes à 25 nœuds dans la journée, bien encaissées par notre solide trinquette à l’avant – n’avons pas sorti de bout de génois, par sécurité : allons moins vite mais ne risquons pas de tout casser en cas de survente plus puissante.
Les dix derniers jours qu’il nous reste s’annoncent pas mal : deux jours de calme qui nous permettront de bouffer quelques centaines de milles au moteur (avec notre génois et notre code inopérants, il devient un moyen d’avancer à part entière), puis à nouveau du vent – que nous craignions assez fort mais qui se présente comme de plus en plus gérable.
A l’apéro ce soir, ambiance plus détendue que d’habitude – c’est donc que d’habitude, nous sommes tendus. Avec sa barbe blanche, son bonnet et ses yeux plissés de capitaine plongés dans le vague, Christophe est le sosie de Sean Connery dans Octobre Rouge. Je le lui dis. S’ensuit une discussion sur les icônes masculines et féminines de nos adolescences – je dis « nos » à dessein, puisqu’elles se sont déroulées à 25 ans d’écart… Après avoir étudié mon visage quelques minutes, à moitié dissimulé par la capuche de ma doudoune, Christophe déclare que je lui fais penser à Jacques Villeret dans la Soupe aux choux. Qu’est-ce qu’on se marre. Penelope Cruz et Monica Bellucci n’ont qu’à aller se rhabiller.
Sean Connery et Jacques Villeret à l’apéro.
25 novembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 24
10 heures – Avons passé cette nuit la barre des 1000 milles restant à parcourir.
18 heures – Venons de passer une heure à regarder ensemble et en détail la carte de ce qui nous attend au Chili : le canal Chacao, porte d’entrée du fjord immense qui remonte jusqu’à la ville de Puerto Montt. Marées, mouillages possibles si nous arrivons à un moment où le courant est contre nous… Pour la première fois, j’ouvre le fameux « guide des Italiens », la « Bible bleue » de tout navigateur en Patagonie, pour y chercher des informations précises. Christophe avait bien sûr déjà étudié la question, il m’a montré. Serait-on en train de parler de… l’arrivée ?
26 novembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 25
21h30 – Journée de pétole. Cette traversée m’aura appris à les apprécier, ces journées : on dort bien car la houle ne nous malmène pas, on mange bien (pour la même raison), on n’a pas grand-chose à surveiller pendant son quart. En plus, on avance bien. L’esprit se détend sur fond du ronron régulier du moteur et du silence du vent.
En étudiant les Airbnb de la zone de Puerto Montt – au cas où nous parvenions à y sortir Jade de l’eau et qu’il serait interdit de dormir à bord – suis tombée sur mes premières photos du chenal de Reloncavi, où se situe la marina où nous avons réservé une place pour notre arrivée. Les locations du coin sont toutes des cabanes en bois à terrasse avec vue plongeante sur le fjord et ses îles, là, en bas. Là où Jade sera amarrée. Là où elle dessinera son premier sillage chilien. Si quelques rayons de soleil daignent nous accompagner à notre entrée au Chili, l’instant peut être grandiose.
27 novembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 26
19h15 – Journée longue et grise, sans vent. Si : trois petites heures aux alentours de midi, avons déroulé notre bout de génois sans grande conviction. Puis renroulé.
Encore une semaine. C’est à la fois peu au vu de ce qu’il y a derrière nous, et monstrueusement long quand on regarde devant. Lors de notre dernière transpacifique, dans l’autre sens (Panama-Marquises), je me rappelle que la dernière semaine avait été particulièrement difficile à vivre.
3000 milles au compteur, aujourd’hui. Environ 700 encore à parcourir. Restons soudés, attentifs l’un à l’autre autant que faire se peut. Ma tendance naturelle, la fatigue aidant, serait le recroquevillage dans mon coin, le roulage en boule, la léthargie, dans l’attente de cette arrivée qui nous délivrera du marasme. Mais Christophe compte sur moi autant que je compte sur lui. Sommes un duo gagnant, une équipe qui s’aime. Un couple, quoi. Certaines histoires d’amour ne résistent pas aux grandes traversées… Je vois parfaitement pourquoi. Cela ne sera pas pour nous.

28 novembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 27
20h30 – Journée plutôt ensoleillée, passée dans l’attente du vent annoncé pour ce soir… qui vient d’arriver. 16-18 nœuds au travers sous trinquette, bien tranquilles pour le moment. Il se peut que cela monte un peu dans la nuit.
Journée inaugurée ce matin par une migraine du capitaine et par un appel de nos amis du voilier Kea depuis le canal Chacao. 5 nœuds de courant pour les pousser. Nous ont confirmé qu’il allait falloir bien calculer notre heure d’arrivée. Ce soir, ils seront amarrés à un ponton du Club Nautico Reloncavi, enfin immobiles, sereins. Sur toute la remontée du fjord, ils ont croisé oiseaux, dauphins et lions de mer. Le premier bateau de pêche qu’ils ont vu leur a fait une peur bleue, leur fonçant dessus sans AIS pour venir simplement les saluer. Premières interactions avec l’autochtone.
Du coup, avons passé une partie de l’après-midi plongés dans le Lonely Planet et les sites de location de voitures… Attendez-nous les amis, on arrive !
Dernière aubergine du bord (seul légume disponible à foison aux Gambier), que le capitaine choisit d’accompagner… d’un bon vieux corned beef (miam)! (ça sent un peu la fin, quand même)
29 novembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 28
7 heures – En début de nuit, le corps et l’esprit se révoltaient encore : « Des heures dans le froid dehors sans dormir, tu crois vraiment que tu vas pouvoir nous faire endurer ça ? ». Hé oui les gars, il va bien falloir. Rafales à 35 nœuds, le pilote a décroché une fois. Avons passé la nuit tous les deux dans le cockpit, attentifs.
Nuit blanche, donc, pour le capitaine comme pour son second. Nous sommes relayés au petit matin pour grapiller une heure ou deux de sommeil chacun. Il faisait froid. Avons chacun deux ensembles de vêtements marins (veste et pantalon) que nous avions superposés, mais ils commencent à être vieux, et plus vraiment étanches. Christophe vient de passer une demi-heure dans les caisses sous notre lit pour nous sortir l’attirail que nous avions sur nous pour monter le Kilimandjaro, il y a 5 ans : sous-vêtements chauds en haut et en bas, chaussettes épaisses, pantalons de ski. De retour en France, il nous faudra investir dans des ensembles de mer plus costauds.
Le vent devrait tourner demain matin et nous permettre de refaire un cap direct vers Puerto Montt. Car toute la nuit, non seulement nous avons eu froid, nous n’avons pas dormi, mais nous avons avancé dans la mauvaise direction : plein Sud, au près – voire un peu au Sud-Ouest, mais on préfère ne pas regarder la carte de trop près. C’est toujours le Chili, l’objectif, les gars ?
8 heures – Malade au bout du 28ème jour de mer… Qui l’eut cru ? Cette nuit de froidure, sans doute.
14 heures – Ai pu dormir quatre heures ce matin, Christophe vient d’aller se coucher. Toute courbaturée du froid qu’il a fallu combattre toute la nuit, ai mis du temps à me décontracter… La couette et les chaussettes en laine ont fini par faire leur office, secondées ce midi par un chili con carne bien chaud. Cet après-midi, la tisane coulera à flots.

30 novembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 29
13h30 – Du vent PORTANT ! A 20-25 nœuds en plus, pile ce qu’il faut à notre trinquette pour nous faire avancer correctement. Jade file à plus de 5 nœuds dans une mer qui ne la chahute pas de toutes parts. Je me demande si cela n’est pas la première fois que cela nous arrive, depuis le début de cette traversée – du moins, depuis que notre enrouleur de génois a cassé, au troisième jour.
Les modèles météo annoncent un maintien de ce vent pendant plusieurs jours. Il devrait tourner un peu au Sud, mais pas trop. Juste ce qu’il faut, normalement, pour nous pousser gentiment jusqu’à l’arrivée.
Quatrième et dernier samedi de traversée: ce coup-ci, on sort la choucroute! Côté vivres frais, on commence à faire les fonds de tiroirs… (il nous reste des citrons, c’est ce qui compte)
1er décembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 30
4 heures – Veille active – suis toujours étonnée de voir Christophe dormir à poings fermés en me laissant l’entière responsabilité du bateau. 20-25 nœuds de nuit n’ont rien à voir avec 20-25 nœuds de jour. Ils font plus peur. Plus de bruit. Le cerveau, qui n’a pas à se préoccuper des informations que lui renvoient les yeux (qui ne voient rien), met toute son énergie à guetter les sons, qui prennent des proportions énormes. Pour ne rien arranger, nos 20-25 nœuds sont en train de passer du portant au travers. Le pilote, réglé en mode vent, ne comprend pas toujours ce qui lui arrive. Entièrement équipée et harnachée, les yeux rivés sur les instruments de navigation à l’intérieur du bateau, suis prête à me jeter dehors à la moindre alerte.
Tout de même. Le capitaine dort.
15 heures – Les vents portants auront été de courte durée. Ils ont viré au travers, puis au près. De 20 nœuds ils sont tombés à 15, puis 12. On se traine à nouveau à 3-4 nœuds, dans une houle trop grosse pour notre vitesse. Ce matin, pour la seconde fois en deux jours, j’ai encore nourri les poissons. Qu’est-ce qui m’arrive ?
Sans cette casse d’enrouleur, dans 12 nœuds de vent au près, serions en train de foncer à plus de 6 nœuds. Comme lors de notre traversée Tahiti-Gambier (ô combien idyllique, je le réalise aujourd’hui !). De la même façon que notre pilote automatique nous avait pourri notre transpacifique-aller, notre enrouleur aura pourri notre transpacifique-retour. En bateau, malgré tous les préparatifs du monde, on ne peut jamais savoir. Alors en un mois… il peut s’en passer, des trucs. Au moins nos mésaventures n’ont jamais mis en cause notre sécurité. Rien de plus précieux.
2 décembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 31
3 heures – Jade se traine à 3 nœuds depuis le début de la nuit. Au lever du jour, si la houle a baissé comme annoncé, passerons au moteur. Au moins, on avancera.
Plus que deux nuits de quarts devant nous, trois jours de navigation – dont le dernier dans les méandres du fjord menant à Puerto Montt. Il ne faut pas que nous avancions trop vite, afin de ne pas arriver de nuit dans ce coin inconnu empli de courant et de rochers affleurants, mais pas trop lentement non plus car du vent fort soufflera sur la côte à partir de jeudi, il faudra que nous soyons à l’abri.
14 heures – Christophe pense avoir vu son premier albatros. Je dormais.
3 décembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 32
12h30 – Dernière journée en haute mer. Journée de préparatifs : remplissage en ligne de la déclaration de douane chilienne, sortie des placards des fanions chilien et de quarantaine. Journée d’échanges, aussi, avec Alba du Club Nautico Reloncavi. Elle nous demande d’arriver un matin plutôt qu’un soir, afin de pouvoir plus facilement coordonner la visite des officiels qui devront monter à bord (douanes, immigration, service de santé, service phytosanitaire, autorité portuaire). Dans la mesure où la marée qui nous sera favorable pour passer le canal Chacao est à 9h30 du matin et qu’il nous faudra entre 7 et 8 heures pour atteindre Reloncavi, la requête d’Alba revient à nous demander de passer une nuit au mouillage quelque part en attente, sans autorisation de quitter le bateau. Une arrivée retardée qui fait un peu grincer des dents après 32 jours de mer, mais l’occasion d’une bonne nuit régénératrice avant de rencontrer nos premiers humains. Peut-être pas plus mal.
18 heures – Croisé notre deuxième cargo en un mois ! Carmelita, plus de 300 mètres de long, nous est passé à un peu plus d’un mille, pile pendant l’apéro. Si le capitaine n’avait pas mis 20 degrés sur tribord au pilote (et celui de Carmelita, certainement 10 degrés), c’était la collision. Après 3700 milles de navigation seuls au monde, ça aurait fait désordre. Quelle était la probabilité qu’un tel événement se produise ?
20 heures – J’entame ma dernière nuit à la veille. Il fait encore grand jour -nous nous sommes progressivement calés sur l’heure chilienne, et comme c’est l’été, les journées sont longues. Encore une soixantaine de milles avant d’entrer dans les terres, l’île de Chiloé sur tribord, le canal Chacao droit devant. Pour le moment, rien de tout cela n’est encore visible. Quelqu’un qui saurait lire dans les nuages, un vieux navigateur polynésien par exemple, nous dirait que bien sûr que si, la terre est proche, c’est évident. Nous ne savons pas lire dans les nuages. Nous n’avons pas de vieux polynésien à bord. Seulement un GPS. Qui nous dit que oui, demain aux premières lueurs du jours, la Terre nous barrera la route.
Toujours cette petite appréhension, après une longue période en mer, à l’idée de retrouver le monde des Hommes. Sommes-nous toujours aptes à leur parler ? A échanger avec des inconnus, qui plus est dans une langue qui n’est pas la nôtre ? A rester trop longtemps en mer, oui, je pense que le lien peut finir par se rompre. Comme Moitessier qui ne voulait plus rentrer. En ce qui me concerne je l’avoue, je n’attends que ça.
2ème cargo de la traversée, la veille de l’arrivée.
4 décembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 33 – ARRIVÉE
4 heures – Pas dormi de la nuit.
6h30 – La beauté d’un paysage est-elle fonction de l’effort que l’on a dû fournir pour arriver jusqu’à lui ? L’intensité d’une émotion est-elle inversement proportionnelle aux moments de découragement que l’on a pu ressentir sur le chemin ? Les yeux regardent éperdument, ne savent plus où se poser : sur les falaises ocres qui émergent de la mer, sur les oiseaux qui n’en finissent pas, par centaines, de nous accueillir en rase-motte sur l’eau parfaitement plane. L’air sent la vase. Une évidence me frappe l’esprit : ce mois de traversée n’a existé que pour magnifier l’instant que je suis en train de vivre. Cette arrivée lave tout, instantanément : les doutes, les fatigues, les efforts endurés. Je ne dirais pas que j’en redemande… mais je n’en suis pas loin. Il y a quelques heures encore, cette idée m’aurait bien fait rigoler.
Avons l’autorisation des autorités chiliennes de patienter quelques heures à Puerto Ingles, en amont du canal Chacao, dans l’attente de la marée montante. Première pause. Quelques heures pour commencer à nous remettre de ces 32 jours en mer et de toute cette grâce qui vient de nous exploser au visage.
Terre en vue!
8 heures – Arrêt moteur, silence, immobilité. Notre premier vrai petit-déjeuner depuis un mois – avec bols, confiture et tout le tintouin. Plus rien ne bouge, ne tombe, ne casse. On se surprend, les jambes flageolantes, à marcher comme des pingouins afin de garder l’équilibre, alors que cela ne sert plus à rien.
L’ancre est fichée dans la vase de la baie de Puerto Ingles. Une vase chilienne, donc. Je n’en reviens pas. Une odeur de bouse de vache vient se mêler à celle de l’estran: autour de nous, des fermes. L’ancre jetée, le visage de mon capitaine s’est instantanément détendu. Je réalise maintenant que je n’ai pas vu ce regard, ce sourire, depuis un mois.
31 jours et 22 heures, 3 753 milles parcourus. Bonheur.
Nos dernières semaines en mer et notre arrivée au Chili, c’est ci-dessous en vidéo!


















Bravo félicitations pour cette traversée
Jacques Villeret !! N’importe quoi 🙂 ma fille est jolie, point !
Quelle traversée, être malade à l’approche de la terre, incroyable (ne serait-ce pas lié aussi à la choucroute ou au cassoulet ?).
Bravo ! Bravo !
Je vous embrasse.
Tout simplement grandiose…..bon vent⛵️????
???? entre mélancolie bercée par la houle et poésie ! Nous vivons l’aventure avec vous une nouvelle fois ! Merci pour ce partage ! Bizhs à vous 2
Bravo pour cette qualité d’écriture , vous savez parfaitement transmettre ce que vous ressentez et que moi j’ai connu dans une toute petite mesure
C’est vraiment un plaisir de vous lire
Bravo aussi pour cette traversée
Superbe ! J’aime comme tu écris, Estelle… ça me consolerait presque à l’avance si je devais y renoncer. Mais à bientôt, j’espère quand même.