
Transpacifique-retour (2/3) : saurons-nous tenir?
Dix jours après notre départ des Gambier, la fatigue – autant physique que psychologique- est palpable à bord de Jade. La casse que nous avons subie au troisième jour limite notre vitesse, et il reste tant à parcourir… Pour tenir, il nous faut développer des stratégies. Être inventifs. Et toujours, nous soutenir l’un l’autre.
11 novembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 10
20 heures – Cette traversée est différente des précédentes. Plus technique, plus stressante. Ce qui change aussi, je crois, c’est la conscience aigüe que j’ai, aujourd’hui, de notre vulnérabilité. De n’être que deux êtres minuscules sur une coque de noix au milieu du grand Rien. La conscience, aussi, que malgré tous nos préparatifs, tout peut péter du jour au lendemain. Et que là… envers et contre tout, il faudra bien continuer à avancer.
Mes deux précédentes traversées, la transatlantique et la transpacifique-aller, étaient plus confiantes. J’étais plus naïve. Je ne me posais pas chaque jour la question de ce qui pouvait flancher sur le bateau, ou très peu, car je n’avais pas encore vraiment connaissance de ce qui pouvait flancher. Depuis, j’ai eu quelques exemples : pilote automatique, moteur, désalinisateur… et aujourd’hui, enrouleur de génois. Je préfère ne pas trop en citer, par superstition.
N’importe quoi peut décider de nous lâcher n’importe quand et nous serons seuls, loin de tout. Bien sûr, je l’ai toujours su. Mais cela restait de l’ordre de la théorie : une éventualité que je n’envisageais vraiment qu’au moment de checker notre sac de survie ou le bon fonctionnement de nos balises de détresse. Christophe dit que c’est l’expérience qui rentre. Est-ce que l’expérience, c’est cette boule au ventre ?
Nous entamons ce 10ème jour de traversée par un épisode de pétole: l’occasion de cuisiner un peu et de plonger dans les soutes récupérer les premières affaires chaudes.
12 novembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 11
3h30 – Une tranche de gâteau-banane maison pour accompagner ma tisane de trois heures du matin. Et mon quart s’illumine.
11h30 – Echec. Ce matin, avons pris notre courage à deux mains ainsi que le code, notre voile d’avant la plus légère. L’avons rentré à l’intérieur du bateau et tenté de le renrouler correctement – ce que nous n’avions pu faire lors de notre dernière utilisation il y a trois jours, car suite à l’explosion de l’un des bloqueurs, avions dû le ranger en urgence. Mal renroulé, il est inutilisable. Avec notre enrouleur de génois cassé, cela fait deux voiles d’avant en stand-by. Il fallait tenter le coup.
Christophe pensait qu’en étalant bien la voile d’un bout à l’autre du bateau à l’abri du vent, nous pourrions peut-être y parvenir. Avons tenté la chose pendant deux heures, dans la sueur et le mal de dos. Peine perdue. Notre code mesure 120 mètres carré. Il est plus long que le bateau. Avons fini par le ranger tel quel dans son sac.
Deux heures d’effort intense pour rien. Une nouvelle fois nous nous écroulons, épuisés. La fatigue chronique et l’état des lombaires du capitaine transforment ce type de séances en véritables épreuves physiques. Au moins, nous aurons essayé.
16 heures – C’est quand même la poisse : dans la foulée de la casse de notre enrouleur de génois, ce souci avec le code… Deux incidents qui ne s’étaient jamais produits en trois ans de voyage. D’une voile inutilisable, nous passons à deux. L’éventail de nos possibilités de propulsion s’amenuise. Heureusement, Jade dispose d’un moteur costaud: de solution d’appoint, il devient solution tout court.
Demain, s’il n’y a pas un pet de vent, pourrions tenter quelque chose. Peut-être. Le risque en tentant de hisser notre code mal enroulé est que tout s’emmêle dans les haubans, voire se déchire, voire tombe à l’eau, voire provoque une nouvelle casse. Sommes-nous prêts à risquer le suraccident ? En cas de succès, le soulagement serait immédiat. Que faire ? Vais mal dormir.

13 novembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 12
2h30 – Lorsque c’est mon tour d’aller dormir, je cauchemarde. Le code s’emmêle, le mât casse, nous coulons – même si, je le sais, il n’y a aucun rapport direct de cause à effet entre ces différents incidents. Le demi-sommeil se charge d’en inventer. Plus j’y pense, moins j’ai envie de risquer l’opération.
11 heures – Venons de passer une heure et demie sur le pont à tenter de hisser, malgré tout, le code. Trois nœuds de vent, cela nous semblait jouable. C’était sans compter sur la houle, jamais inférieure à deux ou trois mètres ces derniers jours. Dès les premiers mètres de voile en l’air, le code s’est mis à battre furieusement contre les haubans, et assez vite, s’est déplié complètement. D’un regard, en une seconde, avons conjointement décidé d’abandonner. N’avons rien à regretter.
Seconde voile en moins, donc. C’est acté. Allons apprendre à faire sans. A l’issue de la manœuvre, tous deux appuyés sur les balcons en pied de mât, Christophe m’a pris dans ses bras : « Tu es très courageuse, mon Petit Bouchon ». Je n’ai pas répondu de suite. J’ai réfléchi. Et puis j’ai dit : « Oui, je crois ».
18h30 – Le soir à l’apéro, depuis quelques jours, on parle Chili. Des balades que nous allons faire, des bonnes choses que nous allons y goûter. On parle asados et vinos tintos devant notre ti-punch-cacahuètes. Notre décision de repousser la descente des canaux de Patagonie à l’année prochaine nous a enlevé un poids, et le Lonely Planet aidant, nous a débridé l’imagination.
Vingt jours. C’est a priori le temps de traversée qu’il nous reste. Avec l’enchaînement de tuiles que nous avons eues au démarrage, espérons avoir mangé notre pain noir. Trop souvent encore, nous prononçons des phrases comme « si nous avions eu le code, nous aurions pu stopper le moteur cet après-midi » ou « si nous avions eu le génois, cette manœuvre ne nous aurait pris que deux minutes ». Oui, mais nous n’avons pas. Il faut changer de grille de lecture. Cesser de se faire du mal pour rien.
Un petit wrap au fromage pour l’apéro ça n’a l’air de rien, mais à des milliers de kilomètres de le première terre habitée, ça vous remonte un équipage!
14 novembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 13
7h30 – A nouveau un peu de vent. Sommes passés à la voile à la fin de mon second quart : grand-voile, trinquette et bout de génois, selon une technique que nous commençons à maitriser. Eole hésite à nous offrir 15 nœuds, il fait son timide autour de 12-13 : avançons entre 4 et 5 nœuds, et sommes heureux. Il y a dix jours, lorsque l’enrouleur de génois a lâché, étions loin d’espérer pouvoir faire ce type de vitesses avec si peu de vent. Si nous avions le code, si… on a dit qu’on ne disait plus « si » !
20 heures – La journée a oscillé entre 10 et 15 nœuds de vent sans franchement se décider. Pour nous qui avançons en configuration de voiles dégradée, la différence est sensible : à 10 nœuds, nous n’avançons pas, à 15, suivant l’allure, nous avançons correctement. Ce qui ne nous fera pas gagner de régate, certes – ce qui tombe bien, ça n’est pas notre but.
Par trois fois aujourd’hui donc, avons manœuvré pour sortir, rentrer, puis ressortir nos voiles. Une demi-heure d’efforts, au minimum, à chaque fois : la trinquette à monter, à régler, puis le bout de génois à dérouler en douceur avant de lui adjoindre le système de sécurité censé empêcher que l’enrouleur cassé ne se casse encore plus.
Sommes fatigués. Dix tours de winchs et c’est la tête qui me tourne. Il faut dormir – même épuisés, allongés dans notre couchette respective lorsque c’est à l’autre de prendre son quart, le sommeil se fait souvent désirer. Nous ne sommes pas dans notre état normal. Mais traverser un océan pendant trente jours… est-ce bien normal ?

15 novembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 14
10h30 – Bien dormi. N’avançons qu’à 4 nœuds, mais enfin, avançons sous voile. Le vent a tourné un peu et nous vient plus de l’arrière : une configuration a priori plus confortable mais qui, dans notre cas, fonctionne moins bien car la trinquette dévente le bout de génois que nous avons de sorti. Décidons de rentrer la trinquette et de tenter le coup avec un morceau de génois un peu plus grand. On gagne un peu de vitesse, mais on sert les fesses : si l’enrouleur décide de nous lâcher définitivement…
16h30 – 6 nœuds ! Avançons à 6 nœuds ! Nos sens ne sont plus habitués à de pareilles vitesses. Christophe enfile son gilet de sauvetage pour aller prendre un ris à la grand-voile avant de se raviser : pour une fois qu’on avance ! Jusqu’au coucher du soleil, goûterons à une vitesse « normale ».
Pour la première fois depuis que nous sommes partis et malgré la grisaille, la mer est belle.
20h30 – Quels contrastes météo ! Le vent était un peu monté, on avançait bien, puis il a continué à monter, il a fallu réduire, et le temps de dîner, il est complètement tombé. En désespoir de cause et parce Christophe a cru sentir une tension nouvelle dans l’enrouleur, allons passer la nuit sous trinquette dans 10 nœuds de vent. Jade bouchonne à 2,5 nœuds dans les vagues. Bouchonne ou dérive, d’ailleurs, j’hésite sur le terme à employer.
Nos émotions suivent la courbe du vent : enthousiasme quand il monte un peu, appréhension quand il monte trop, découragement quand il retombe. Il faudrait que je sois moins sensible à ces fluctuations, mais puis-je le contrôler ? Faire le dos rond. Laisser passer. Cela n’a jamais été dans mon caractère, qui même à terre se laisse facilement entrainer dans les hauts et les bas. Saurai-je tenir encore deux semaines ?
16 novembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 15
10 heures – Samedi : cela fait 15 jours que nous avons quitté les Gambier. Ce midi, pour marquer le coup, c’est confit de canard.
La mer est toute plate, d’un bleu éclatant sous le soleil revenu. Petite brise un peu fraîche à 10-12 nœuds, on se traine à un peu moins de 4 nœuds mais on est bien. Pas du tout ambiance « mers du Sud ». Profitons-en.
Quand j’ai bien dormi, je peux m’imaginer encore deux mois en mer sans problème. Le sommeil, nerf de la guerre.
Midi – Viens de passer une heure à barrer. Ce matin, le pilote automatique a lâché deux fois (sans raison aucune, puisqu’il n’y a ni vent fort ni houle). Depuis le début de cette traversée, il nous a envoyé plusieurs alertes. Christophe a totalement démonté puis nettoyé le moteur de la pompe hydraulique, qu’il a découvert rempli de poudre noire : de la graphite, peut-être issue des charbons abimés changés la semaine dernière ? Le pilote fonctionne à nouveau. Pour le moment.
Ce genre d’événement, il y a peu, m’aurait angoissée. Je sais à présent qu’il y a neuf chances sur dix que mon capitaine trouve la solution à chaque problème qui se présente. Mais il y a autre chose. Je crois avoir maintenant intégré que nous naviguions en mode dégradé, sans idée du délai qu’il nous faudra pour parvenir à destination. Suis simplement contente quand j’ai bien dormi et que je me sens plus à même que la veille de relever les défis qui se présentent.
19h50 – Par trois fois encore aujourd’hui, le pilote a lâché. Toujours ni vent ni houle pour expliquer cette défection. Par trois fois, Christophe a plongé dans la soute arrière avec sa caisse à outils. La dernière, c’était il y a dix minutes. Par deux fois il a bidouillé les charbons, à la dernière il les a remplacés par des neufs.
Je démarre mon quart en tenue, prête à sortir prendre la barre dehors au moindre bip intempestif. Cette nuit, les nerfs risquent de prendre cher.
Malgré la tension, atelier-couture et atelier-cuisine trouvent leur place à bord de Jade.
17 novembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 16
5 heures – Nuit à se relayer à la barre. Aux premières lueurs du jour, Christophe a carrément changé le moteur de la pompe hydraulique – depuis nos premières pannes de pilote au Panama, nous en avons un de rechange. Touchons du bois.
15 heures – Du vent ! Un bon 15 nœuds qui nous vient de trois-quarts arrière. On sort notre bout de génois, selon une technique à présent bien rodée : je suis à l’avant pour détacher le système de sécurité et vérifier que la bosse d’enrouleur ne se bloque pas, Christophe manœuvre à l’arrière, décide de la surface maximale de génois à dérouler, règle l’ensemble, puis je remets la sécurité en place. Du vent arrière sans trop de houle, quel confort !
18 heures – Empannage du soir. Faisons quasiment cap plein Sud, mais le vent va refuser dans la nuit. Avec notre pilote à nouveau opérationnel réglé en mode vent, Jade devrait tourner toute seule vers l’Est. Vigilance donc mais vent retrouvé.
18 novembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 17
2h30 – Le vent vient de monter à plus de 30 nœuds. Les prévisions météo nous disaient que nous passerions au-dessus de la zone rouge, nous nous attendions à 20 nœuds cette nuit. Moralité : quand les modèles prévoient le passage d’un gros truc, même si l’on pense s’être positionnés en bordure, toujours se préparer à beaucoup plus. Ici les phénomènes sont violents, et les dépressions, très creuses. Les conditions du moment peuvent se jouer à quelques degrés de latitude. Nos amis du voilier Kea, qui n’étaient cette nuit qu’à un parallèle au Sud de notre position, ont eu jusqu’à 46 nœuds.
Avons barré à tour de rôle une partie de la nuit, et le reste du temps, veillé. N’avions pas rentré notre bout de génois avant la nuit car nous n’attendions pas autant de vent. Résultat : des heures de stress à croiser les doigts pour que notre enrouleur cassé tienne le coup. La prochaine alerte météo est pour dans trois jours, et même si nous espérons un vent et une houle les moins forts possibles, nous nous préparerons mieux. Trinquette obligatoire et génois au placard. D’ici-là, avons deux jours pour récupérer. Allons nous relayer à la veille y compris de jour, pour que chacun puisse dormir un peu.
10 heures – Avons passé la longitude de l’île de Pâques, 110 degrés Ouest. Elle marque à peu près la moitié du trajet. Devrions être contents, sommes juste fatigués.
Jade franchit la moitié du trajet par une nuit ventée et pluvieuse, l’équipage à la barre.
19 novembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 18
3 heures – Hier soir, avons sorti les sous-vêtements chauds, les chaussons fourrés, les couches en plus. Je passe mon quart à l’intérieur, avec doudoune et plaid par-dessus ma polaire, une tisane à la main pour réchauffer le tout. La journée va encore, mais la nuit…
20 heures – Sujet de conversation unique ce jour : la dépression qui nous arrive dessus dans deux jours. Ah, si : et le super restaurant de grillades que nous nous ferons à Puerto Montt pour mon anniversaire, dans trois semaines. Si nous sommes arrivés.
20 novembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 19
18h30 – Belle journée de bon vent : entre 15 et 20 nœuds au travers depuis ce matin. Ce soir, avons pris le temps d’admirer le coucher du soleil, explosion de orange entre les deux lignes grises des nuages et de la mer. Couchers de soleil bien différents de ceux qui accompagnaient nos apéros à l’Equateur : couleurs plus violentes, mer plus sombre. L’une des premières fois de cette traversée où nous le regardons vraiment, ce soleil sauvage qui se couche.
20 heures – Soirée tendue. Rafales à 25 nœuds, Christophe prend la barre, puis ça redescend. Le plus gros du vent devrait nous toucher vers 3 heures du matin. Quarts de nuit en tenue intégrale, les deux membres d’équipage prêts à intervenir. Avons passé la journée à nous reposer à tour de rôle en prévision de ce moment : nous sommes prêts.
22 heures – Dans les 25 nœuds de vent depuis le début de mon quart. Tenons une moyenne à 5-6 nœuds, sur le bon cap. Du jamais-vu depuis deux semaines. Si la dépression reste à distance respectable cette nuit, qu’elle ne s’emballe pas ou ne se met pas à faire tourner le vent en tous sens, elle nous aura été bénéfique. Il n’est que 22 heures. C’est moi qui ne devrais pas m’emballer.
Prêts à accueillir une nouvelle dépression.
21 novembre 2024 – Transpacifique Gambier-Chili, jour 20
19h15 – Journée étrange, au rythme des hauts et des bas de la longue houle du Pacifique. Quatre à cinq mètres, a priori. Difficile de se rendre compte lorsqu’on est dedans. Des montagnes d’eau qui se soulèvent, mais rondes, mais douces, qui n’attaquent pas et qui retombent. Première fois que nous voyons cela.
A la fin de mon second quart se matin, alors que j’avais tout juste fini de me déshabiller pour aller me coucher (cinq couches tout de même à retirer, en plus des bottes) et que je m’apprêtais à poser doucement ma main sur l’épaule du capitaine, la nuit nous a offert une dernière survente (la quatrième depuis la veille au soir). Le vent monte à 22 nœuds, puis 25, 27… Rhabillage en vitesse, enfilage des bottes sur mes pieds nus, gilet de sauvetage. Quand Christophe ouvre l’œil, réveillé par le changement de musique du vent, je suis à la barre dans 35 nœuds. « Parfois quand même, Petit Bouchon, tu me surprends ».
Imperceptiblement, la garde-robe du bord évolue… On vous donne rdv très vite pour le dernier épisode de cette transpacifique: l’arrivée au Chili, avec vidéo en bonus!



















Bravo à tous les deux, vous êtes formidables….bisous????
Whaoooo vous êtes extras, mm si vous m’inquitiez qq fois ????????????????…
Vous êtes tellement soudés ????????????
Très belle aventure tres bien decrite avec beaucoup de simplicité et modestie. Je conginue a vous suivre avec beaucoup de plaisir.
Bravo mais surtout chapeau pour votre maîtrise sur vous-même. J’ai ressenti souvent cette boule au ventre en traversée : «Et si ça,ça pète, on fait quoi?»
C’est de l’usure nerveuse lente mais dangereuse.
Bonne continuation avec les bons et mauvais moments…On vous souhaite surtout les bons!
Félicitations à vous deux belle aventure bravo
Gros bisous â vous deux
Bonjour les aventuriers,
Je n’avais plus de nouvelles de vous, je dois me re abonner.
Vivement la suite et votre arrivée au Chli